BRAIDS – Flourish // Perish

BRAIDS Flourish//Perish album review 2013

Après Native Speaker(2011), nul n’avait besoin de grands arguments pour se faire convaincre, la pop noise de BRAIDS était prometteuse. Le trio albertins établi à Montréal produit un son artistique particulier, une balance entre tendresse et force.

Flourish // Perish ouvre avec la voix de Raphaelle au centre de la pièce Victoria et l’entré dans le rêve se fait d’emblée. De douces percussions mêlées aux sonorités mélancoliques du clavier. Les pièces se succèdent, semblant faire place à tour de rôle à une fragilité puis une puissance, créant une atmosphère sonore hypnotisante. Les notes enchanteresses de December se termine pour ouvrir la dramatiquement calme Hossak.

L’album présente une magie, nous laissant faire face à notre tristesse profonde mais assumant de par sa douceur, un certain réconfort.  Les textes peu éloquents pourront déplaire aux passionnés de textes profonds, par contre il n’en est pas une nécessité vue la purété et la complexité du mélange sons/voix. Ebben et Juniper entre autres, le démontre parfaitement faisant de l’oeuvre un effort important. BRAIDS  livre une suite exquise à Native Speaker. Promesse tenue.

En lien:

Raphaelle, sur les icones de sa jeunesse, ses vêtements et inspirations.(Anglais)

Un an de yoga, ma célébration personnelle.

C’était il y a un an.  Je venais de passer un été difficile, où je me sentais perde le peu de contrôle que j’avais sur mes émotions. Je me suis levé un matin me disant que je n’avais rien à perdre, moto par lequel j’agis assez souvent.. L’anxiété était si grande, le stress, la pression de ma relation amoureuse qui ne fonctionnait pas mais par dessous tout, le besoin de prendre soin de moi.

Je me souviens du moment où j’ai monté les escaliers du studio de Yarmouth. Je me souviens d’être entrée, sans être certaine de ce que je faisais, dans cette pièce lumineuse, des murs d’un pâle lilas, un plancher de bois.. Il n’y avait que la professeur, une femme d’une cinquantaine d’année, si belle et souriante. Elle m’a souhaitée la bienvenue, d’une voix douce et calme. Tout de suite, j’ai senti un certain réconfort.. C’est ce donc j’avais besoin, exactement ça, à ce moment la. Déjà, j’avais oubliée une petite part de mon anxiété..  J’ai déroulé mon tapis dans un coin près d’une fenêtre, je me suis assise et j’ai attendu. Je n’avais pas cette nervosité qu’on voit parfois des gens qui entre dans un nouvel endroit sans savoir à quoi s’attendre, cette nervosité qui nous fait regarder partout autour, se demandant si nous avons bien choisi nos vêtements, etc.  J’étais dans un endroit bien personnel de ma tête, j’avais besoin de me guérir. C’est parfois une surprise d’entendre qu’un ami, une connaissance, un membre de notre famille, souffre de dépression. J’ai souvent entendu des trucs du genre ‘ tout le monde a ses hauts et ses bas’,  ‘ça va passer’.. C’est difficile à imaginer mais tout le monde ne croit pas à la dépression et à l’anxiété. Personnellement, je vis avec depuis les débuts de mon adolescence. J’ai passé à travers un amalgame d’émotions pour comprendre comment je me sentais par rapport à ma condition. À 22 ans, après sept ans de médication, j’ai pris la décision de vivre sans. La transition s’est bien passée, parce que je l’ai fais calmement, dans un moment stable de ma vie. Les deux ans qui ont suivies m’ont permis vivre mes émotions à 100% avec les réactions qui vont avec, les victoires, les échecs. Ma décision restait la bonne, pour moi. J’ai la chance d’avoir un cercle d’amis où les discussions sur la santé mentale ne sont pas tabous. De cette chance, je suis aussi consciente que la médication et/ou l’arrêt de celle ci, est une décision personnelle et ce qui fonctionne pour un ne fonctionne pas pour tous.  Et c’est l’été dernier, après un épisode particulièrement difficile où j’en suis venu à sérieusement considérer la médication, que j’ai débuté ma pratique.

Bon, les gens débutent et maintiennent une pratique de yoga pour des raisons différentes. Parfois le corps, parfois l’esprit, souvent les deux. Si la pratique est fidèle aux bases fondamentales du yoga, le bien être de l’un vient avec l’autre.  J’ai eu la chance de débuter ma pratique à Yarmouth avec une professeur merveilleuse, Kerry. Elle m’a fait comprendre ce qui est maintenant au centre de ma pratique; les asanas(poses) ne sont que le véhicule de la méditation, la respiration est ce sur quoi l’esprit doit rester concentré et surtout, pas de miroir. Je suis si chanceuse d’avoir eu ces instructions dès le début. J’ai suivi une pleine saison de sessions avec elle.  J’ai commencé à me concentrer sur ma respiration, 20 fois par jour, dans l’auto, au travail, pendant mes promenades au bord de la mer… toujours. C’était fou le bien que ça m’a fait, dès le début. Je me suis mise à mieux dormir, à mieux réagir, à être plus calme.. C’était ça, la méditation. L’esprit qui prend tout son énergie pour se concentrer sur ce qui se passe à l’intérieur.

Puis, je me suis mise à rêver au yoga. Je passais de plus en plus de temps au studio, j’allais aux classes de trois différents profs. Mon enthousiasme était palpable. En quelques mois, non seulement j’étais capable de faire des trucs avec mon corps que je n’avais jamais cru possible mais mon anxiété s’atténuait.  J’ai vécu en même temps les difficultés de la fin d’une relation amoureuse malsaine, d’un déménagement, d’un changement d’emploi et je vivais mieux avec ça qu’avec tout ce que j’avais eu à passer au travers avant. Grâce à ma pratique. Ça m’a permis de développer ma compassion, mon appréciation personnelle , une conscience du moment présent, mais surtout de comprendre ma tête et ce qui la gardait en santé.

Ça fait un an maintenant. Depuis, j’ai fais du yoga dans trois différents pays, dans une quinzaine de studios. Ashtanga, Hatha, Vinyasa Flow, Power core, Yoga Nidra, you name it.  J’ai pratiqué seule, j’ai créé mes propres séquences, j’ai pratiqué devant un miroir, j’ai fais une roue ou un guerrier III un peu partout, j’ai rencontré des gens trippants…  C’est une immense communauté qui fait place à tout le monde. Par contre, ma pratique m’a permis d’accepter que je ne contrôle que moi. Le yoga, ce n’est pas une marque de vêtements ou une série de poses compliqués à effectuer. Les gens en font se qu’ils veulent, c’est une pratique personnelle, c’est un style de vie. Je suis chanceuse parce que j’ai découvert quelque chose qui me passionne et si j’en crois les rumeurs, mon corps vieillira mieux. Et même si oui, je suis hyper contente quand je reste en demi-lune pendant cinq respirations ou super fière quand je comprends un professeur que nomme ses poses en sanskrit, le but de ma pratique reste le bien-être de ma tête.

Il y a des jours, des semaines, des mois où je fais toujours face à l’anxiété et la dépression. Ma pratique n’a pas fait disparaitre les symptômes. Ça m’a permis  d’accepter mes pensées, de les reconnaitre, sans que mon esprit en soit totalement contrôlé. Quand je me sens dépassé par les évènements, je déroule mon tapis, parfois juste pour m’assoir et respirer, ouvrir mon coeur. Après un an de pratique, la vie est plus agréable, mon coeur plus grand et mon corps plus fort.  J’ai trouvé quelque chose qui fonctionne pour moi. On n’a qu’une vie, qu’un corps et qu’un esprit. Mieux vaut en prendre soin. Franchement, vivement les années à venir.

Namaste ❤