PRIX POLARIS 2013 // La longue liste

Le Prix de musique Polaris, inspiré d’un modèle anglais, le Mercury Music Prize, récompense un artiste ou un groupe canadien pour l’album s’ayant le plus démarqué par sa qualité et son intégrité musicale, sans prendre en compte les ventes, le genre musicale ou les gens qui ont travaillé sur l’oeuvre.

À sa huitième édition cette année, le Polaris présente une présélection intéressante et certainement variée. Plusieurs artistes  québécois y figurent dont cinq albums francophones. Joie. Par contre, les critiques sont inévitables, un manque de représentation de la production artistique féminine se fait sentir. D’ailleurs en rétrospective, outre Arcade Fire(2011) qui compte des femmes dans ses rangs, Feist est la seule artiste à l’avoir remporté(2012). Simple observation.

Pour ce qui est du résultat, j’ai compilé mes dix coups de coeurs. Mon premier choix, so far, s’arrête sur Purity Ring – Shrines qui est d’une pureté et d’une originalité impecabble. Le jeune duo, (membres du défunt Gobble Gobble) montre de la créativité sur l’album studio en plus d’en faire une expérience intense live.

 

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Mac DeMarco – 2  »My kind of woman »

Hannah Georgas –  Hannah Georgas  »Shortie »

The Besnard Lakes – Until in excess, Imperceptible UFO  »People of the sticks »

Kid Koala – 12 bit blues  »5 bit blues »

Les soeurs Boulay – Le poids des confettis  »Mappemonde »

The Luyas – Animator ‘Fifty Fifty’

Metz – METZ ‘Headache’

Purity Ring – Shrines ‘Obedear’

Suuns – Images du futur ‘2020’

Whitehorse – The Fate of the World Depends on this Kiss ‘Achilles’ desire’

AUSTRA – Olympia // Album

Crédit photo: Renaud Monfourny

Crédit photo: Renaud Monfourny

Si vous étiez un peu rusé cette semaine, Internet donnait la chance aux mélomanes d’écouter en primeur le deuxième effort du groupe canadien Austra. Le majestueux Olympia, qui fait suite à Feel it break(2011). Mes attentes étaient haute puisque que le premier album figure dans ma liste de préférés de tous les temps. Feel it Break, c’est une oeuvre dramatique comme un opéra, un tout fort en émotion avec une bass line parfaite.

Avant tout, le groupe a changé quelque peu depuis le premier LP. Maintenant, Austra c’est six musiciens de talent, près à défier la catégorisation et à créer. Toujours mené par Katie Stelmanis avec sa voix romantique et puissante(elle a étudié l’opéra), Olympia est un trip fantaisiste. Les textes semblent personnels. Ils sont racontés sur un ton mélancolique(Forgive me, You changed my life), des trucs qui feront rêvasser beaucoup d’entre nous. Certaines pièces nous jettent dans un univers style Labyrinth, les percussions et le mélange des voix est juste magique(Fire). Plusieurs pourraient faire office de simple, d’autre sont de véritable institutions en elles mêmes, par leur complexité(We Become). Certainement un groupe à ne pas manquer live.

Sans être totalement différent du premier, leur deuxième album est une continuité réussie, parsemé de nouveautés, où l’on entend des musiciens et vocalistes aguerris, puisant de l’inspiration certes, mais qui font preuve d’imagination. Et de talent.

Fini les comparaisons.

MARNIE STERN // Concert

Mercredi soir, mon copain mélomane/avide de concert et moi avions deux options. Voir le beau Chazwick Bradley Bundick AKA Toro y Moi ou la folle Marnie Stern. J’ai laissé à mon copain la tâche de trancher et je suis bien contente de ma décision.

Marnie Stern, The Garage, le 5 Juin 2013.

Marnie Stern, The Garage, Londres le 5 Juin 2013.

Je ne sais pas comment je suis passée à côté avant mais Marnie Stern a tout pour me plaire. C’est une guitariste déchainée, une féministe badass dans la trempe de Sleater Kinney qui utilise sa voix tantôt effilée, tantôt rauque et forte pas pour charmer mais parce qu’elle en a juste envie. C’est une femme de 37 ans en robe soleil qui écrit des textes sans se prendre au sérieux et qui fait franchement rire tout en étant honnête. Son blog s’appelle The Vagina Monoblog!!

Je suis charmée. Mais pas la seule. Hier soir, les londoniens (et la canadienne que je suis) ont eu droit à un concert rock en crescendo où Marnie et ses musiciens jouent avec une envie vraisemblable d’être la. Rien de mécanique, ça semblait presque improvisé. Et une artiste qui blague sur sa petite voix aigue et le malheur de ses musiciens d’être emprisonnés dans une voiture jours après jours avec elle, ça fait rire, ça fait genuine(j’aime ça les gens qui aiment la vie). Il semble que pas une fois elle a baissée les yeux pour regarder son instrument, le sourire aux lèvres pour l’entièreté de la performance. Juste assez de petits riffs hors piste pour me donner l’envie soudaine de me  »garocher » en avant complêtement jusqu’à la fin du concert. Le genre de musicienne qui te fait oublier qu’il y avait une première partie.

À voir, live.